Le management 2.0 et les réseaux sociaux d’entreprise permettent aujourd’hui la croissance d’organisations s’appuyant sur des communautés de savoir. Ces dispositifs représentent une source potentielle considérable de création de valeur et de performance dans l’économie de la connaissance.
Dans les organisations éclatées par leur structure en projets et leurs implantations internationales, l’interaction physique de proximité est rendue difficile et coûteuse du fait de l’éloignement géographique. Cependant les échanges strictement électroniques trouvent leurs limites, car le partage et le transfert de connaissances tacites supposent un lien de confiance entre les acteurs, qu’il s’agit toujours de construire au préalable.
1- La mondialisation de la connaissance favorise la mise en place de communautés 2.0
Le management des filières métiers et d’expertises à l’échelle mondiale passe alors, à l’instar de la formation à distance (e-learning), par la combinaison d’échanges physiques réels et d’échanges électroniques distants. Ce lien électronique constitue le lien faible du processus d’apprentissage social, qui permet la construction et la pérennisation de liens sociaux forts dans la réalité virtuelle, et favorise l’emergence et le développement d’une communauté vivante et dynamique.
2- Les communautés 2.0 représentent un enjeu dans la production de connaissances tacites
Les communautés, qu’elles soient de pratique ou d’apprentissage sont au centre du mouvement 2.0. Alors que les communautés du web 2.0 sont motivées par une idéologie sociale, les communautés professionnelles de l’entreprise 2.0 sont avant tout guidées par des « besoins métiers » d’échange et de partage, de co-création et d’innovation. Elles permettent d’enrichir les connaissances tacites et de favoriser leur plus large diffusion au sein de l’entreprise.
On observe par ailleurs que l’émergence de ces communautés 2.0 procède largement de l’auto-organisation; leur développement semblant guidé par une logique informelle « d’ordre spontané », sans qu’intervienne un pouvoir centralisé, tandis que leur cohérence est maintenue par l’observation naturelle de quelques principes communs.
3- Les communautés 2.0 s’appuient sur un ensemble de règles et de valeurs partagées
Ces règles du jeu s’ancrent dans des valeurs communes de solidarité et de soutien et une dynamique de partage « je donne et je reçois ». Elles se traduisent au sein de l’entreprise – réseau par une communication transversale s’appuyant sur une prise de parole libre et faisant abstraction de la hiérarchie.
Dans leur fonctionnement au quotidien, ces communautés valorisent l’initiative individuelle, l’autonomie de décision, le sens du partage, le respect de la personne, l’autorité de compétence.
4-Les communautés 2.0 peuvent constituer des fabriques du « savoir stratégique » de l’entreprise
En guidant les actions des individus par des règles qu’ils ont acceptées, il est possible de mobiliser une intelligence collective, construire des représentations inédites, trouver des solutions innnovantes, et fabriquer de nouvelles connaissances stratégiques pour l’entreprise.
Comme le souligne J.P Bootz (i), Les communautés 2.0 apparaissent alors comme de véritables « fabriques de connaissances » qui permettent aux organisations de gérer la connaissance avec le même professionnalisme utilisé pour gérer d’autres actifs de l’organisation.
Les communautés à l’œuvre dans les organisations représentent des sources potentielles considérables de création de valeur et de performance dans l’économie de la connaissance.
Pour les entreprises, l’enjeu est aujourd’hui de favoriser le développement de ce type d’organisation pour :
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répondre à l’explosion des savoirs,
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se donner les capacités de maîtriser les connaissances critiques,
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et produire le « sens ajouté » indispensable à l’éclairage de la décision stratégique.
(i) JP. Bootz – Prospective et apprentissage organisationnel – Travaux et recherches – Futuribles international n° 13 – 2001
A lire, pour en savoir plus (cliquez sur le lien) :
- Les communautés 2.0 sont-elles l’avenir de l’entreprise ?
- Transfert de connaissances : l’apport des communautés
- Réseaux apprenants : pour une mise en circulation des savoirs
- Pas d’entreprise 2.0 … sans organisation apprenante


